NATIONAL GALLERY, LE CARAVAGE LE SOUPER À EMMAUS

Longueur Audioguide: 2.35
Auteur: STEFANO ZUFFI E DAVIDE TORTORELLA
français langue: français

Parmi les chefs-d’œuvre du XVIIᵉ siècle de la National Gallery, vous ne pouvez pas perdre le Souper à Emmaüs, réalisé par Michelangelo Merisi, dit Le Caravage.

Cette toile peinte au début du XVIIᵉ représente une période de transition entre les œuvres de jeunesse, qui montrent souvent des enfants jouant d’un instrument de musique ou aux cartes ou qui incarnent Éros ou Bacchus, et celles de sa maturité, caractérisées par un style plus rigoureux et obscur.

Le tableau représente un épisode raconté dans l’Evangile de Luc où, après la Résurrection, Jésus se manifeste à deux disciples. Alors que Cléophas et un ami se dirigent vers Emmaüs, un petit village à quelques kilomètres de Jérusalem, un pèlerin inconnu se joint à eux. Peu après, pendant un dîner dans une taverne, le voyageur rompt le pain en prononçant la prière de bénédiction exactement comme l’avait fait le Christ pendant la Cène. Avec ce geste, les deux voyageurs le reconnaissent comme le Sauveur.

Comme vous pouvez le voir, Le Caravage choisit de représenter précisément le moment de la bénédiction, en saisissant la réaction stupéfaite des présents. Les deux convives n’en croient pas leurs yeux : celui à droite ouvre ses bras comme pour simuler l’acte de la crucifixion, tandis que le personnage à gauche, pris de dos, saisit les accoudoirs de la chaise entre ses mains, comme s’il était sur le point de se lever de surprise. Le coude de Cléophas et le bras de son ami (qui porte sur sa poitrine la coquille de Saint-Jacques, symbole des pèlerins allant à Compostelle) semblent percer la surface de la toile, en nous entraînant presque dans le miracle. Le seul qui n’ait pas remarqué ce qui se passait est l’aubergiste, qui reste debout en fixant Jésus, représenté sans barbe par Le Caravage.

Dans la lumière provenant de la gauche, vous pouvez saisir avec une lucidité éblouissante aussi bien le personnage que la splendide nature morte sur la table. Tout semble tellement réaliste que l’on ne se rend presque pas compte du miracle : l’ombre projetée par le visage de l’aubergiste devrait, en effet, atteindre le visage du Christ qui reste, en revanche, complètement illuminé.

 

CURIOSITÉ : Une corbeille de fruits se détache entre la viande, les cruches et les morceaux de pain, rappelant la plus célèbre nature morte conservée dans la Bibliothèque Ambrosiana de Milan. Ici aussi le contenant dépasse de la table dans un équilibre précaire, comme si votre contact pouvait le faire tomber.

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