GALERIE DE L’ACADÉMIE, L’Invité Chez Levi

Longueur Audioguide: 2.52
français langue: français
Auteur: STEFANO ZUFFI E DAVIDE TORTORELLA


Vous êtes maintenant dans la plus grande salle des Galeries qui fut réalisée au début du XIXᵉ siècle et qui abrite des toiles de dimensions imposantes, authentiques gloires de la peinture vénitienne de la Renaissance. Installez-vous confortablement parce que vous vivrez ici des moments inoubliables, plongé dans un océan de couleurs des plus grands maîtres de Venise.

La composition la plus grandiose, au centre, est ce somptueux banquet qui est dressé par le grand Paolo Véronèse en personne. L’immense toile était à l’origine destinée au réfectoire du couvent dominicain de San Zanipolo, et le sujet, certainement pas anormal pour un endroit où les moines prenaient leurs repas, est celui de La Cène.

Le tableau fut peint pour remplacer un précédent travail du Titien qui avait brûlé dans un incendie lorsque le couvent avait servi comme dépôt de poudre et d’équipements militaires, à l’époque de la bataille de Lépante.

Véronèse encadre la scène dans un contexte architectural : les trois grandes arcades inspirées du style classique des architectures de Palladio vous donnent l’impression d’être un spectateur devant la scène d’un drame théâtral. En plus du Christ et des apôtres, une foule incroyable de personnages en habits contemporains et dans des attitudes désinvoltes circule dans cette énorme peinture. Beaucoup d’entre eux semblent totalement indifférents à l’épisode sacré.

Pour nous c’est un chef d’œuvre : mais il a causé de gros problèmes à son auteur. Le Tribunal de l’Inquisition, qui avait son siège précisément dans le couvent dominicain pour lequel il a été peint, fut indigné par cette représentation. Le peintre fut accusé d’avoir outragé le sens religieux de la scène et fut jugé.

Les actes du procès sont célèbres. Face aux demandes insistantes des juges sur le respect de la sobriété et du caractère reconnaissable du sujet, le peintre défend avec candeur mais fermeté sa liberté d’artiste, en s’exprimant un peu en dialecte et un peu dans un laborieux italien bureaucratique. À l’accusation d’avoir mis trop de personnages, Véronèse répondit que le tableau était grand et qu’il y avait de la place pour tout le monde, puis il ajouta : « Nous peintres nous prenons la liberté que prennent les poètes et les fous ».

 

CURIOSITÉ : Vous voulez savoir comment le procès s’est terminé ? Dans l’ensemble, Véronèse a gagné et n’a dû effectuer que de petites retouches. Toutefois, l’œuvre a dû changer de titre, comme vous pouvez le voir au premier plan : ce n’est plus La Cène mais L’invité chez Levi, c’est-à-dire l’épisode de l’Évangile de la conversion de Saint Mathieu.

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